présentation

Le projet « Pense-bête » propose deux activités pour conscientiser les enfants de 9 à 10 ans au bien-être de l’animal de compagnie, à faire à la maison ou à l’école, disponibles sur une plateforme de la Cellule Bien-être animal de la Région wallonne.

Environ un ménage belge sur trois possède au moins un animal de compagnie. La maltraitance, les trafics et les refuges surpeuplés doivent nous faire réfléchir. Lorsque nous adoptons un animal, avons-nous pris le temps de mesurer l’engagement que cela représente ? Prenons-nous la peine de nous soucier de son bien-être ? Dépasser la peur de l’autre. Développer l’empathie. Chaque parent, instituteur ou animateur joue un rôle précieux dans la formation des citoyens responsables de demain.

Ce projet est destiné à encourager la réflexion sur le bien-être de l’animal de compagnie, pour conscientiser, prévenir, responsabiliser, changer les habitudes, progresser, et non pour culpabiliser ou dénoncer. Il vise à développer l’empathie, à se mettre dans la tête de l’animal pour savoir ce qui lui convient vraiment, et non ce que nous pensons être bon pour lui. Et cela, cela s’apprend !

Partagez avec nous votre expérience sur le site internet de Pense-bête et devenez ambassadeur de Pense-bête auprès de vos amis et collègues !

Nous vous souhaitons de passer un agréable moment avec vos élèves et vos enfants, riche en échanges autour du chien, du chat, du hamster et du poisson rouge ! Découvrez prochainement les aventures d’autres animaux de compagnie sur notre plateforme !

L’équipe de Pense-bête

les auteurs du projet

L’auteur de ce projet, Cynthia Chiarlitti, est professeur de Communication à la Haute École de la Ville de Liège. C’est sa petite chienne, un Jack Russel nommé Dali, qui lui a donné l’envie de partir à la découverte d’un langage qu’elle connaissait finalement peu, à savoir celui de nos animaux de compagnie, grâce à de merveilleuses rencontres de spécialistes du bien-être animal. Elle a appris à « penser bête », à se mettre dans la tête du chien, du chat, du poisson rouge et même du hamster !

Les activités proposées ont pu voir le jour grâce à la collaboration bénévole très précieuse de professionnels du bien-être de l’animal de compagnie :

  • Marc Vandenheede, Professeur et Chercheur à l’Université de Liège en Médecine vétérinaire du comportement, en Science du bien-être des animaux domestiques et en Éthique animale
  • Fabrice Renard, Inspecteur principal à la SRPA de Liège
  • Marie Bournonville, Responsable des collections à l’Aquarium-Museum de l’Université de Liège
  • Joël Dehasse, Vétérinaire exerçant à Bruxelles, spécialiste du comportement du chien et du chat, et auteur des ouvrages "Tout sur la psychologie du chat" (Odile Jacob, 2008) et "Tout sur la psychologie du chien" (Odile Jacob, 2009)

Un grand merci aussi à :

  • Christelle Ferri, Responsable du refuge La cité des anges à Braives
  • Dominic Hofbauer, Ancien animateur dans les écoles primaires et secondaires pour GAIA
  • L’équipe du magasin Aquasphère à Verviers
  • Joëlle Hofmans, Vétérinaire comportementaliste en région liégeoise et Organisatrice de « classes chiots »
  • Leatitia Vanderheyden, Coach en comportement canin en région liégeoise
  • Toute l’équipe de la SRPA de Liège qui nous a ouvert ses portes

Enfin, l’équipe Pense-bête remercie Vincent Namotte, Psychopédagogue à la Haute École de la Ville de Liège, pour ses conseils sur les activités proposées, et Chloé Bosman, Institutrice primaire à l’école communale de Boncelles, et ses élèves, pour le 1er test de l’outil Pense-bête !

Le Conseil wallon du bien-être des animaux a pour mission d'étudier les problèmes en rapport avec la protection et le bien-être des animaux. Il donne son avis sur les affaires dont l'examen lui est confié par le Ministre ou le service qui a le bien-être des animaux dans ses attributions et il peut également leur soumettre toute proposition.

l'animal de compagnie

Les animaux de compagnie sont élevés par les hommes en tant que compagnons de vie. Il s’agit principalement des chiens et des chats. Ils appartiennent aux animaux domestiques, mais se distinguent des animaux de production, élevés quant à eux pour la production de viande, de lait, d’œufs et à des fins agricoles (les chevaux de trait par exemple). Parmi les animaux domestiques, on compte également les animaux des laboratoires. Les animaux présents dans les parcs zoologiques sont, quant à eux, des animaux sauvages en captivité.

Contrairement aux animaux sauvages, les animaux domestiques dépendent de nous et nous dépendons d’eux. Ils fournissent un travail en échange de nourriture par exemple. Pour les animaux de compagnie, il s’agit surtout d’un lien affectif. En échange de sa présence, la famille offre à l’animal une protection, de la nourriture,…

Depuis plusieurs années, le cheval a tendance à devenir un animal de compagnie. Enfin, certains serpents, lapins, araignées et autres animaux exotiques prennent aussi une place dans nos foyers. On les appelle les NAC, les Nouveaux Animaux de Compagnie, même s’il s’agit parfois d’animaux sauvages en captivité.

Le chien est le plus vieux compagnon de l’homme, domestiqué depuis au moins 15 000 ans. Il a d’ailleurs été très longtemps un compagnon de travail. Le berger par exemple gardait les troupeaux de moutons. Le caniche chassait le canard. La race du chien permet d’en savoir beaucoup sur son histoire. Le chat, de son côté, a longtemps été (et est encore d’ailleurs !) le chat de la ferme qui chassait les souris !

Le lapin se retrouve aussi bien dans notre assiette que dans une cage, un laboratoire ou au sein de notre maison. Le chien est un animal de compagnie chez nous ; il est pourtant consommé en Asie… Dans certaines cultures, les enfants en ont peur. La classification n’est pas toujours évidente et varie donc d’une culture à l’autre ou d’une époque à l’autre. En période de famine, de guerre, les Européens ont mangé des chats… Un vrai casse-tête, n’est-ce pas ?

le bien-être de l'animal de compagnie

Si l’animal de compagnie n’est pas un phénomène nouveau dans l’histoire, notre société de consommation a augmenté sa présence parmi nous.

Et là réside un danger : le phénomène de mode. On offre un chiot à un enfant pour son anniversaire ou comme cadeau de Noël. On choisit un Jack Russel, parce que c’est une race à la mode. On se balade avec son chihuahua dans son sac, comme le fait une célébrité. On achète un animal sur un site internet, « parce qu’on le trouve mignon »… L’achat compulsif, terme évidemment inapproprié lorsqu’on parle d’un être vivant, est un des plus grands dangers pour l’animal de compagnie, qui représente pourtant un engagement de longue durée, avec des besoins plus ou moins importants, comme tout être vivant. Sans oublier que ces achats compulsifs nous conduisent parfois, sans le vouloir, à acheter un animal issu d’un trafic…

Le phénomène de mode nous invite également à nous diriger vers des animaux sauvages, comme les serpents ou les mygales. La place d’un animal sauvage est-elle vraiment parmi nous ? Si nous faisons le choix de lui faire une place, alors nous devons lui offrir des conditions d’hébergement adaptées.

Il y a encore vingt ans, on réduisait le bien-être animal à sa santé physique. Pourtant, comme nous, l’animal a aussi une santé mentale, et souffre parfois de troubles du comportement. Aujourd’hui, les avancées scientifiques, éthologiques principalement, nous obligent à nous questionner sur nos devoirs vis-à-vis de ces êtres sensibles, et donc sur la question de leur bien-être.

Choisir le plus beau panier pour son chien, l’habiller, lui parler, fêter son anniversaire, lui offrir un grand jardin ou prendre un deuxième chien pour qu’il ait de la compagnie. Sommes-nous sur le bon chemin ? L’anthropomorphisme, c’est l’attribution de comportements humains à un animal. Souvent, nous agissons de manière bienveillante. Pourtant, un grand jardin, pour un chien, s’il est seul, c’est surtout une grande prison ! Et prendre un deuxième chien pour ne pas qu’il soit seul, cela peut créer des problèmes supplémentaires !

Offrir des conditions de vie satisfaisantes à son animal de compagnie, c’est l’accepter dans sa différence et prendre conscience que ce qui est bon pour nous ne l’est pas forcément pour lui. C’est se questionner sur ses besoins, qui peuvent être différents des nôtres. Même si nous restons des êtres humains, nous pouvons utiliser les avancées scientifiques pour prendre la bonne route, ou rectifier le tir ! Appréhender le comportement de l’animal permet donc de casser certaines idées reçues.

Un permis est désormais nécessaire pour détenir un animal (et donc un animal de compagnie) en Région wallonne. Celui-ci est octroyé à chaque citoyen automatiquement et sans formalité. Toute personne peut détenir un animal à moins qu’une décision vienne le lui interdire via le retrait de ce permis. L’avantage de cette disposition est de pouvoir empêcher la détention d’animaux par toute personne reconnue pour des faits de maltraitance animale.

et la loi dans tout cela ?

La loi belge sanctionne les propriétaires qui infligent de mauvais traitements à leur animal de compagnie. Depuis le 1er janvier 2015, une personne ayant commis un acte de maltraitance ou de négligence est susceptible de payer une amende de 100 euros et/ou menacé d’une peine d’emprisonnement de minimum 8 jours. Le service du « Bien-être animal » du Service Public Wallonie peut retirer un animal maltraité à son propriétaire pour le confier à un refuge ou une personne responsable. Ce service veille au respect du bien-être animal, dans le milieu familial, mais également dans les établissements qui s’occupent ou vendent des animaux. Encore faut-il qu’il y ait une plainte pour que la violence s’arrête…

La Belgique interdit la vente d’animaux à des personnes de moins de 16 ans sans accord préalable de leurs parents. Seuls des éleveurs peuvent vendre des chiens et des chats. Ils ne peuvent donc être vendus sur des marchés ou dans des commerces, mais l’achat en ligne reste possible.

Enfin, la stérilisation et la castration des chats est désormais un principe acquis en Région wallonne et à Bruxelles en 2016. Et l’identification est obligatoire depuis janvier 2016. Mais qui va vérifier la bonne exécution de ces lois ? La puce électronique est obligatoire depuis 1998 pour les chiens. Pourtant, nombreux sont ceux qui n’en ont pas encore ! Si le vétérinaire a le devoir moral de dénoncer la maltraitance, il ne peut pas jouer au policier non plus ! C’est pourquoi il est important de conscientiser le citoyen. Les statistiques fédérales recensent 10 575 chats euthanasiés en Belgique en 2013, sur les 32 315 accueillis dans les refuges surpeuplés. Sans compter les chats dont certains ménages « se débarrassent »… à la suite de portées non désirées.

comment contribuer à leur bien-être ?

Le bon exemple, c’est nous ! Dans notre maison, dans notre classe ! Commençons déjà par nous questionner sur le bien-être de notre propre animal !

Fermer les yeux sur une situation claire de maltraitance, abandonner son animal dans un endroit isolé, laisser un animal blessé sur la route, adopter sans se soucier du lieu de provenance de l’animal, laisser son animal seul à longueur de journée… La vie nous met face à des situations pour lesquelles nous faisons le choix ou non de contribuer au bien-être de l’animal de compagnie.

Certains font du bien-être animal leur métier : ils sont vétérinaires, éthologues, comportementalistes ou travaillent pour un refuge, une association ou une institution qui défend les animaux. D’autres sont inspecteurs ou promeneurs bénévoles.

Il y a tellement de façons de contribuer au bien-être des animaux de compagnie : en signant une pétition, en participant à une manifestation, en boycottant une entreprise non respectueuse du bien-être animal, en participant à une action de sensibilisation, en faisant un don à un refuge ou une association dont on partage les valeurs, en offrant un peu de son temps à une association, et bien sûr en transmettant des valeurs de respect de l’autre à ses enfants ou à ses élèves !

De plus en plus de personnes font le choix de réduire leur consommation de viande, de devenir végétariennes ou végétaliennes, voire d’adopter un mode de vie (manger, se vêtir, se laver…) respectueux du bien-être de tous les animaux.

Enfin, le bien-être animal, c’est aussi une question politique !